Remboursé si match nul : ce que coûte vraiment l'assurance contre le nul au football
Pari « remboursé si nul », double chance, handicap 0 : comment la cote est calculée, ce que vous touchez dans chaque scénario et quand le marché a du sens.
Le match nul est le cauchemar du parieur de football. Un quart des rencontres de Ligue 1 environ se terminent sur un score de parité, et chacune d'elles fait perdre tous ceux qui avaient joué l'une ou l'autre équipe. Le pari « remboursé si match nul » — draw no bet chez les anglophones, parfois « 1 ou 2, remboursé si nul » dans les menus — promet de neutraliser ce scénario. Il le fait, mais pas gratuitement, et comprendre le prix de cette protection est la meilleure façon de savoir quand elle vaut le coup.
Le principe : trois issues, trois règlements
Vous choisissez une équipe. Si elle gagne, le pari est gagnant à la cote affichée. Si elle perd, la mise est perdue. Si le match se termine sur un nul, l'opérateur rembourse la mise, ce qui revient à régler le pari à une cote de 1,00. Le marché porte, sauf mention contraire, sur le temps réglementaire : 90 minutes plus le temps additionnel, prolongations et tirs au but exclus.
Prenons une affiche où l'équipe à domicile est cotée 2,10 en 1N2, le nul 3,40 et l'extérieur 3,60. Le même opérateur propose « domicile, remboursé si nul » autour de 1,48. Avec une mise de 10 €, voici ce qui peut arriver : victoire à domicile, vous encaissez 14,80 €, soit 4,80 € de bénéfice ; match nul, vous récupérez vos 10 € ; défaite, vous perdez 10 €. Sur le 1N2 classique, la victoire aurait rapporté 21 €, mais le nul vous aurait coûté la mise entière.
D'où sort la cote de 1,48
Cette cote n'est pas fixée au hasard, et on peut la reconstruire soi-même avec deux paris ordinaires. Imaginez que vous répartissiez vos 10 € entre la victoire à domicile à 2,10 et le nul à 3,40, de façon que le nul vous rende exactement votre mise totale. Il faut pour cela placer 7,06 € sur la victoire et 2,94 € sur le nul : si le match se termine à égalité, 2,94 × 3,40 = 10 €. Si l'équipe à domicile gagne, 7,06 × 2,10 = 14,82 €. Vous retrouvez, au centime près, la cote de 1,48.
La formule qui résume ce calcul est simple : cote remboursé si nul = cote de l'équipe × (1 − 1 ÷ cote du nul). Ici, 2,10 × (1 − 1 ÷ 3,40) = 2,10 × 0,706 = 1,48. Elle sert surtout à une chose : vérifier que l'opérateur ne prend pas une marge supplémentaire sur ce marché. S'il affiche 1,42 là où la formule donne 1,48, vous payez l'assurance plus cher que si vous la construisiez vous-même avec deux paris simples.
Remboursé si nul ou double chance : deux protections différentes
Les débutants confondent souvent les deux marchés. La double chance « 1N » fait gagner votre pari en cas de victoire à domicile ou de nul : le nul n'est pas remboursé, il est payé. Sur notre exemple, la cote théorique de la double chance est d'environ 1,30. Avec 10 € misés, vous touchez 13 € que l'équipe gagne ou que le match se termine à égalité, et vous perdez tout en cas de défaite.
Le choix entre les deux se résume à une question : que pensez-vous du nul ? Si vous jugez le nul probable et voulez en tirer un petit bénéfice, la double chance est plus cohérente. Si vous pensez que l'équipe gagne mais craignez un match fermé, le « remboursé si nul » vous laisse un gain plus intéressant, 4,80 € au lieu de 3 €, contre un nul qui ne rapporte rien.
Ce que le marché ne protège pas
Il faut le dire clairement : le « remboursé si nul » ne réduit pas le risque de défaite. Si l'équipe choisie perd, les 10 € sont perdus, exactement comme sur un 1N2. Il supprime un scénario perdant, le nul, et vous le fait payer par un gain plus faible dans le scénario gagnant. Sur la durée, cette assurance n'a rien de gratuit : elle est intégrée dans la cote, marge de l'opérateur comprise.
Autre piège, les combinés. Une sélection « remboursé si nul » qui se termine à égalité est retirée du ticket, et la cote totale chute d'autant. Un combiné de trois matchs à 1,48, 1,65 et 1,70, soit une cote de 4,15, retombe à 2,81 si le premier match finit sur un 1-1. Le ticket reste en vie, mais le gain potentiel baisse d'un tiers.
Quand ce marché a du sens
Il se prête bien à trois situations. D'abord, le favori à l'extérieur, dont la cote en 1N2 est élevée mais dont le nul reste un résultat très fréquent : protéger le nul coûte alors moins en proportion. Ensuite, les rencontres à faible nombre de buts attendu, où un 0-0 ou un 1-1 pèse lourd. Enfin, les parieurs qui débutent et veulent apprendre à lire un match sans subir la frustration d'une série de nuls en fin de rencontre.
À l'inverse, sur un très gros favori coté 1,30 en 1N2, le « remboursé si nul » tombe souvent entre 1,07 et 1,10, parce que le nul y est lui-même coté 5,50 ou 6,00. Le gain devient si faible qu'une seule défaite efface le bénéfice de dix à quatorze paris gagnants. Dans ce cas, mieux vaut s'abstenir que de chercher à rendre le pari acceptable par une protection qui en mange l'essentiel.
Comparez la cote affichée avec celle obtenue par la formule : l'écart vous dit ce que coûte l'assurance chez l'opérateur.
Voir les cotes remboursé si nulSources : ANJ — Paris sportifs en ligne, informations joueurs
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