« Les deux équipes marquent » : comment se règle ce pari et ce qu'il demande vraiment
Oui ou non, contre son camp, temps additionnel, prolongations : les règles du pari « les deux équipes marquent », avec les calculs de gain et de marge.
Un 1-0 à la 90e minute, et votre ticket est perdu. Un 3-1 laborieux, et il est gagné, même si l'équipe que vous imaginiez dominer a pris l'eau. Le pari « les deux équipes marquent » ne s'intéresse ni au vainqueur ni à l'écart : il pose une seule question, est-ce que chaque camp trouve le chemin des filets au moins une fois. C'est ce qui le rend lisible pour un débutant. C'est aussi ce qui piège ceux qui le traitent comme un pari facile.
La règle, sans détour
Deux options sont proposées. « Oui » gagne si l'équipe à domicile et l'équipe à l'extérieur marquent chacune au moins un but. « Non » gagne dans tous les autres cas : 0-0, 1-0, 0-2, 4-0. Les opérateurs l'affichent parfois sous l'abréviation anglaise BTTS, pour both teams to score.
Le score pris en compte est celui du temps réglementaire, c'est-à-dire les 90 minutes plus le temps additionnel accordé par l'arbitre. Un but marqué à la 90e+6 compte. Un but marqué en prolongation de Coupe de France ne compte pas, pas plus que la séance de tirs au but. Le guide consacré à la durée des paris détaille ce point, qui fait perdre chaque saison des tickets que leurs auteurs croyaient gagnés.
Un but contre son camp est attribué à l'équipe qui en profite. Si Lens mène 1-0 et qu'un défenseur lensois dévie le ballon dans sa propre cage, le score passe à 1-1 et le « oui » est validé. Le nom du buteur n'a aucune importance pour ce marché, seul le tableau d'affichage compte.
Ce que rapporte une cote, calcul posé
Prenons un match de Ligue 1 où l'opérateur affiche « oui » à 1,80 et « non » à 1,95. Une mise de 10 € sur le « oui » rapporte 18 € si les deux équipes marquent, soit 8 € de gain net. La même mise sur le « non » rapporte 19,50 €, soit 9,50 € de gain net. Dans les deux cas, si le pari est perdu, les 10 € sont perdus en entier.
Ces cotes se traduisent en probabilités. Une cote de 1,80 correspond à 1 divisé par 1,80, soit 55,6 %. Une cote de 1,95 correspond à 51,3 %. Additionnées, elles donnent 106,9 % : les 6,9 points au-dessus de 100 % représentent la marge que l'opérateur prélève sur ce marché. Autrement dit, pour que le « oui » à 1,80 soit un bon prix, il faut estimer que les deux équipes marquent dans plus de 55,6 % des cas, et non dans plus d'un cas sur deux.
Sur une saison complète des grands championnats européens, la proportion de matchs où les deux équipes marquent tourne souvent autour d'un match sur deux, avec de fortes variations d'une équipe à l'autre. Ce chiffre global ne dit rien d'une rencontre précise. Un leader qui encaisse peu face à un promu en panne offensive n'a rien à voir avec deux équipes de milieu de tableau qui défendent mal.
Les erreurs qui reviennent le plus
La première consiste à confondre ce marché avec un pari sur le nombre de buts. Un match à 4-0 est spectaculaire et fait gagner un « plus de 2,5 buts », mais il fait perdre le « oui ». À l'inverse, un 1-1 terne valide le « oui » et fait perdre le « plus de 2,5 buts ». Les deux marchés se recoupent souvent, pas toujours, et il faut savoir lequel on joue.
La deuxième erreur tient à l'empilement. Le « oui » est souvent glissé dans un combiné, à 1,70 ou 1,80 par match, parce que la cote paraît modeste et l'issue plausible. Trois sélections à 1,80 donnent une cote combinée de 5,83, ce qui transforme 10 € en 58,30 € si tout passe. Mais si chaque sélection a réellement 55 % de chances d'aboutir, les trois réunies n'en ont plus que 16,6 %, un peu moins d'une sur six. Un seul 1-0 dans l'après-midi, et le ticket tombe.
La troisième erreur est de parier sur la réputation plutôt que sur la situation. Une équipe réputée offensive qui joue sans ses deux attaquants titulaires, ou un match de fin de saison sans enjeu pour l'un des deux camps, change les données. Les compositions d'équipe, publiées en général une heure avant le coup d'envoi, en disent souvent plus que le classement.
Les variantes proposées par les opérateurs
Autour du marché de base, les opérateurs agréés en France proposent des déclinaisons. « Les deux équipes marquent en première mi-temps » ne prend en compte que les 45 premières minutes et leur temps additionnel : l'exigence est bien plus forte, et la cote du « oui » grimpe en conséquence, souvent au-delà de 3,00. D'autres offres associent le résultat et ce marché, par exemple « victoire de l'équipe à domicile et les deux équipes marquent ». Ces paris couplés offrent une cote plus élevée parce qu'ils réunissent deux conditions, avec une marge qui s'applique sur l'ensemble.
Si le match est interrompu définitivement ou reporté au-delà du délai prévu par le règlement de l'opérateur, le pari est en général annulé et la mise remboursée, sauf si l'issue était déjà acquise au moment de l'arrêt. Un « oui » validé à la 60e minute par un 1-1 peut ainsi rester gagnant même si le match n'est pas allé au bout. Ce traitement varie d'un opérateur à l'autre : la règle exacte figure dans le règlement des paris, rubrique football.
Ce marché a l'avantage de la clarté, pas celui de la facilité. Il reste soumis à la même marge que les autres et à la même loi des séries : une mise que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre n'a rien à faire sur un ticket, quelle que soit la cote.
Comparez les cotes du « oui » et du « non » avant de miser.
Voir les cotes « les deux équipes marquent » chez WinamaxSources : ANJ — liste des opérateurs agréés
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